On la reconnaît à sa forme étrange où les feuilles jaune-vert se réduisent peu à peu, au sommet, en gaine terminée par quelque lobe étroit. Fleur identifiable dès fin décembre, le long des rivières glacées murmurantes, d'où l'appellation Rose de Noël... Qu'un rayon de soleil ou un frottement intervienne et les feuilles libèrent leur odeur fétide qui monte vers le ciel d'azur... Tout un processus. Cette caractéristique olfactive mettrait-elle en garde ? En effet, les hellébores sont toxiques ; leur nom grec signifie « nourriture qui tue ». La fleur bénéficie aussi de l'appel « pied de griffon » et les enfants de l'Argentière-la-Bessée la disaient « plante des serpents » pensant que les vipères s'en nourrissaient (un folklore type « éducation par la peur » pour éloigner les enfants d'un éventuel danger par eux-mêmes). Si la plante fut parfois employée comme purgatif, émétique, vermifuge, voire remède contre la folie, le plus souvent elle guérissait « définitivement » le patient par arrêt cardiaque... (la plante renferme de l'helléborine, un hétéroside cardiotoxique).
Rose de Noël à découvrir donc en automne et en hiver du côté de Guillestre et du Queyras.